assommoirL’Assommoir est un des romans emblématiques de la série. Ce septième volume provoque dès sa parution un énorme scandale, choque l’élite bien-pensante mais assure ainsi succès et fortune à son auteur. Zola délaisse les ors de L’Empire pour les faubourgs, le quartier de la Goutte d’Or.

Gervaise, fille d’Antoine Macquart, est la sœur de Lisa, la charcutière du Ventre de Paris. Gervaise quitte Plassans pour Paris avec son compagnon Auguste Lantier et leurs deux enfants, Claude et Etienne. Dans un hôtel de fortune, la famille vivote, l’argent vient rapidement à manquer. Lantier est coureur, bat Gervaise et l’abandonne bien vite avec ses enfants. La vie est dure pour Gervaise qui fait ce qu’elle peut pour s’en sortir. Courtisée par Coupeau, le zingueur qui occupe la chambre voisine, elle finit par céder à ses avances et l’épouse. Contrairement à Lantier, Coupeau est un honnête travailleur, il n’est pas violent et ne boit pas comme les autres ouvriers. C’est une bonne épouse et Gervaise croit au bonheur. De cette union naît Anna, dite Nana. Tout va bien pour la petite famille. Bonheur qui n’est que de courte durée. Un beau jour Coupeau tombe du toit où il travaillait, il est grièvement blessé, il met des mois à s’en remettre. Grâce à un prêt de ses voisins, Gervaise ne renonce pas à son projet, elle s’installe comme blanchisseuse. Gervaise travaille dur et bien, son commerce est florissant. Seulement il n’en va pas de même pour Coupeau, depuis son accident, il a perdu le goût du travail, traîne dans le quartier, commence à boire. Même si l’on mène grand train chez les Coupeau, c’est le début de la fin. Lantier revient, ne travaille pas non plus mais s’installe chez eux. Ils forment un véritable ménage à trois. Le ménage est couvert de dettes, Nana tourne mal, Gervaise perd sa boutique, s’enfonce dans la misère et l’alcool.

Comme à son habitude, Zola fait exister ce quartier de la Goutte d’Or dans un récit mené tambour battant. Durant les grands travaux du Second Empire, la population pauvre est repoussée vers les faubourgs, les boulevards extérieurs. Zola peint les conditions de vie misérables des ouvriers, les logements insalubres, les monde ouvrier gangréné par le vice, l’alcool. L’alambic du Père Colombe, qui fascine, consume les âmes et les corps. On se saoule pour oublier sa misérable condition.

C’est un roman révolutionnaire que l’Assommoir, à tout point de vue : le langage du peuple n’a jamais été si bien retranscrit, il va très loin dans la peinture des vices, de la déchéance. Les personnages nous sont sympathiques au début du roman, on a envie qu’ils s’en sortent, mais Zola ne serait pas Zola si tout allait bien dans le meilleur des mondes, ils ne peuvent pas se sortir de ce milieu-là, qui broie l’individu. J’avais peu de souvenirs de ce roman, j’avais oublié les personnages secondaires, mais surtout j’avais oublié l’irrévérence, l’engagement social de Zola, qui trouve ici toute son expression.

ROUGON