abbe mouret

Dans la Conquête de Plassans, nous avions quitté Serge Mouret en partance pour le séminaire, nous le retrouvons ici dans sa paroisse perdue dans la campagne provençale. Après la mort de leurs parents, Octave est parti tenter sa chance à Paris, Serge s’est installé aux Artauds, avec sa sœur Désirée et l’aide d’une servante La Teuse. On y croise aussi le bon docteur Pascal, celui-ci d’ailleurs l’amène un beau jour visiter un de ses patients, un homme âgé, gardien d’une propriété laissée à l’abandon et d’une jeune fille Albine. La jolie Albine vit en sauvageonne et a fait de cette propriété son territoire, lors de cette rencontre, Serge est bouleversé par le charme de la jeune fille.

Les romans mettant en scène des prêtres cédant à la tentation sont courants, c’est presque un genre littéraire. Zola oppose ici la religion et la nature, symbole de vie. Tout autour de Serge respire la vie, les animaux de Désirée, le caractère même de la jeune fille, simple d’esprit mais bouillonnante d’énergie. Tout l’univers de Serge bascule lorsque malade, il est transporté chez Albine, nouvelle Eve dans ce jardin où la nature a repris ses droits. La description de ce jardin donne lieu à d’interminables énumérations de toute la flore possible et inimaginable, ceci tourne au catalogue sans fin, le tableau impressionniste que compose Zola perd ainsi de sa force sous cette accumulation. Après avoir fauté, l’Abbé Mouret n’aura donc de cesse de racheter auprès de Dieu. Le délire mystique dans lequel sombre l’Abbé rappelle les crises de dévotion de sa mère, l’hérédité maladive de la branche Mouret transparaît ici.

Ce cinquième tome des Rougon-Macquart ne m’a pas autant emballé que les autres, je m’attendais à plus de mordant, d’ironie de la part de Zola, à une vision moins symboliste. Le prochain tome nous fais revenir à Paris, ambition, soif de pouvoir sont au programme, ce qui devrait me réjouir à nouveau.

ROUGON