murena 1J’ai eu beaucoup de chance à Noël dernier en recevant l’intégrale de Murena. Divisée en deux tomes, le « cycle de la mère » et « le cycle de l’épouse », cette édition est tout particulièrement soignée, dans un format légèrement plus grand, enrichie par des dessins d’étude des personnages et des couvertures des différents albums.

Murena, fresque fortement documentée, est l’évolution de deux destins : celui de Néron  et de son ami Lucius Murena, patricien romain. Rome, 54. Sous le règne de l’empereur Claude, les tergiversations pour sa succession font rage en coulisses. Claude est alors marié à la perverse Agrippine, mère de Néron. De sa première union, Claude a un fils, Britannicus, héritier légitime du trône, au grand damne d’Agrippine qui veut faire de son fils le digne successeur de Claude. Celui-ci a pourtant d’autres projets, amoureux de la mère de Lucius Murena, il souhaite l’épouser. Agrippine l’apprend, si cela se produisait, Néron n’aurait plus aucune chance d’accéder au trône et elle-même ne pourrait assouvir sa soif de pouvoir. Bien décidée à régner à travers son fils, elle ne recule devant rien pour éliminer tous les obstacles qui se dresseraient sur sa route, à commencer par la mère de Lucius Murena et le malheureux Britannicus. Avec le meurtre de la mère de Lucius, l’amitié entre les deux jeunes hommes semble compromise, leurs vies vont prendre des chemins bien différents.

« Le cycle de la mère » est marqué par l’ascension de Néron au trône, ainsi que par son émancipation, comment il parvient à se soustraire à l’influence grandissante de sa mère. À notre grande surprise, Néron est le personnage central de ce cycle, Murena est plus en retrait. Autant l’histoire de l’ascension de Néron, ses conflits avec sa mère, tout cela progresse rapidement, autant le destin de Murena nous paraît bien flou. On se demande comment Murena, animé par le désir de venger sa mère, va s’en sortir et ce qu’il va advenir de lui.

Entre combats de gladiateurs, orgies, intrigues aussi bien familiales que politiques, Murena nous fait découvrir la société romaine, des bas-fonds de la ville à la demeure impériale, où l’on croise des personnages fort peu recommandables. Les superbes planches de Philippe Delaby s’accordent parfaitement avec le scénario de Jean Dufaux, il attache une grande importance au cadrage, des plans larges de la ville, aux gros plans durant les combats de gladiateurs. L’intrigue se construit peu à peu, Néron, héros de ce cycle va, espérons, laisser un peu de place au héros éponyme de cette merveilleuse série.