Capture d’écran 2013-12-03 à 16Si on me dit Zep, je pense immédiatement à Titeuf, le héros de BD préféré de mon petit frère. Quelque fois j’y ai jeté un œil, vite fait pour voir ce dont il s’agissait, ça ne m’a pas vraiment marquée. Si avec « Une histoire d’hommes », Philippe Chappuis garde son pseudonyme de Zep, on est bien loin de l’univers espiègle de Titeuf. Il relate ici les retrouvailles d’une bande de copains, après le film de potes tendance « Mes meilleurs copains », voici la BD de potes.

Dans leur jeunesse, au début des années 90, Yvan, JB, Franck et Sandro formaient les Tricky Fingers, un groupe de rock. Alors qu’ils commençaient à être connus, un incident provoque la séparation du groupe. Sandro est le seul à avoir poursuivi dans cette voie et à réussir. C’est en véritable rock-star qu’il reçoit ce week-end ses amis dans son manoir anglais. Eux jouent un peu parfois, dans des petits groupes, ils ont tous fait leur vie loin des projecteurs, JB vend des surgelés, Franck est restaurateur, Yvan stagne, déprime, c’est le looser de la bande, le plus mystérieux et le plus attachant. Ils ont bien changé après tout ce temps, sauf Yvan, il est temps pour lui de devenir adulte et d’avancer. Les trois hommes ne savent pas vraiment pourquoi Sandro a souhaité les réunir ce week-end là. Durant ce court séjour, ils font le point, les femmes, les enfants, la musique…Ils vont tous se découvrir des blessures, chacun a eu son lot de drames, certains plus que d’autres, la vie n’a épargné personne mais l’amitié est là, bien solide malgré tout, teintée de mélancolie, de nostalgie.

Des répliques savoureuses viennent pimenter ce récit tout en douceur. Les dessins à l’ambiance brumeuse, des tons gris-bleus pour le présent contrastent avec la chaleur des tons rosés de ce passé sans cesse évoqué qui les rassemble.

Sans être transcendante, c’est une émouvante histoire que Zep nous raconte et il nous dévoile une nouvelle facette de son art.