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C’est un roman bien surprenant que ce huitième tome des Rougon-Macquart. Paru juste après le succès de l’Assommoir, Une page d’amour frappe par son caractère intimiste. Dès sa sortie le roman fut bien accueilli, alors que Zola avait choqué ses contemporains avec l’Assommoir, il les marque à nouveau en s’attaquant au roman psychologique et montre une nouvelle facette de son talent.

Fidèle à sa répartition en trois branches familiales, Emile Zola met ici en vedette la famille Mouret, déjà évoquée dans la Conquête de Plassans et la Faute de l’Abbé Mouret.

À Paris, Hélène Grandjean, née Mouret, tante du fameux Abbé, est veuve et vit seule avec sa fille Jeanne. Seule dans sa maison de l’ouest parisien, le quotidien de Jeanne est millimétré. Elle ne reçoit que très peu, excepté M. Rambaud, qu’elle connaissait de Marseille. Rien ne doit venir troubler la paix de Jeanne, de santé fragile, toute la vie d’Hélène est axée sur le bonheur de sa fille. Un jour, alors que celle-ci est au plus mal, Hélène fait appel au docteur Deberle. Bien vite Hélène se lit avec les Deberle, elle est souvent reçue chez eux. Dans ce milieu bourgeois, elle en découvre les travers, l’hypocrisie, l’adultère. Hélène, si froide, si vertueuse et totalement dévouée à sa fille, succombe au charme du docteur Deberle et réciproquement. Au fur et à mesure que cette passion grandit, al santé de Jeanne décline.

La force de ce roman tient dans l’alliance subtile de la description de l’amour maternel face à la maladie mentale qui augmente en même temps que la passion amoureuse. Les personnages demeurent des énigmes pour le lecteur, on ne sait pas qui sont vraiment Hélène et le docteur Deberle. C’est un roman en demi-teinte, au début j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, puis, les descriptions de Paris, personnage du roman à part entière, sont de véritables tableaux impressionnistes et ont su me séduire, me faisant pénétrer dans l’univers de ce roman si singulier.