Capture d’écran 2013-11-22 à 19En 1950, deux petites filles naissent le même jour dans une petite ville du New Hampshire, elles ont toutes deux été conçues la nuit d’un terrible ouragan. Les points communs entre ces deux petites filles s’arrêtent pourtant là, elles sont toutes deux issues de familles que tout oppose. La famille de la petite Dana Dickerson est bohème, le père se veut écrivain, inventeur, auteur de chansons et sillonne les routes, la mère peint. Quant à Ruth, elle est la dernière d’une fratrie de cinq petites filles, les Plank, famille traditionnaliste, sont fermiers depuis plusieurs générations. Dans cette chronique familiale, qui couvre plus de cinquante ans, Ruth et Dana se racontent tour à tour. La mère de Ruth, Connie tient à garder un lien avec « la sœur d’anniversaire » de sa fille, chaque année les deux familles se retrouvent. Si du côté des Dickerson, on parle peu des Plank, il en va tout autrement chez ces derniers, sans que l’on sache trop pourquoi, nous l’apprendrons au fil des pages. Ruth et Dana grandissent différemment, Dana est homosexuelle, s’intéresse aux plantes et à la terre, Ruth fait des études d’art. Pour elle, le seul intérêt de la famille Dickerson est Ray, le frère aîné de Dana, dont elle tombe éperdument amoureuse.

On sent que pour Joyce Maynard, il y a des passages de l’histoire américaine qui doivent obligatoirement trouver leur place dans le récit comme l’assassinat de Kennedy, qui laisse la mère de Dana inconsolable, ou le festival de Woodstock, l’histoire pourrait très bien avancer sans ce côté un peu artificiel. Par contre, on suit l’évolution des méthodes agricoles, et leurs répercutions sur la famille Plank, la guerre du Vietnam, les hippies, la difficulté d’annoncer son homosexualité, l’attitude face à la maladie, et la question fondamentale, comment se construit une personnalité, entre l’innée et l’acquis, ce que les parents transmettent à leurs enfants. Tout ce contexte accroit la densité des personnages, auxquels on s’attache très vite et qu’on n’a pas forcément envie de quitter. J’ai lu avec grand plaisir cette saga familiale, j’ai passé un très bon moment avec ce roman bien construit, sans longueur, qui repose sur le secret que l’on pressent, le style sobre de Joyce Maynard m’a conquise, et je suis ravie d’avoir enfin découvert cet auteur dont j’ai si souvent entendu parler.

 

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