djiboutiVoici encore un exemple de rendez-vous manqué. Djibouti trônait depuis quelques mois sur mes étagères, je l’avais acheté quelques jours avant le décès  de l’auteur, au mois d’août 2013. J’avais un très bon souvenir de la Loi de la cité, un polar très sombre situé à Détroit, aux dialogues vifs et savoureux, parfois  grossiers…J’ai passé quelques années à Djibouti, ce n’est pas une contrée souvent évoquée dans la littérature aussi j’ai saisi cette occasion !

Elmore Leonard nous embarque donc vers Djibouti et le Golfe d’Aden à la rencontre de Dara Barr, documentariste oscarisée pour son film sur la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina. Cette fois-ci Dara, accompagnée de son caméraman Xavier Le bo, s’intéresse à ces pirates d’un nouveau genre qui sévissent dans le Golfe d’Aden, ils sont les nouveaux caïds de la région. Dara et Xavier forment un sacré tandem, Xavier a 72 ans, une carrure d’athlète, il protège Dara et l’aide dans ses investigations. Les deux complices vont faire pas mal d’étranges rencontres, dont un milliardaire texan, accompagné de sa compagne, un mannequin sur le retour partis faire le tour du monde en bateau. Ceux-là vont les mener aux fameux pirates, venus à Djibouti pour dépenser leur butin dans les bars de la ville. Petit à petit, Dara et Xavier pénètrent ce cercle très fermé, où se mêlent tous les trafiquants possibles et les terroristes. Pourtant l’un d’eux, Idriss Mohamed s’avère bien sympathique, en dépit de ses liens avec le mystérieux Ari Ahmed Cheikh Bakar, un négociateur entre les différents groupuscules terroristes. Bientôt le film de Dara prend une curieuse tournure, la réalité est tellement romanesque qu’elle semble dépasser la fiction. D’où le dilemme de Dara, partie pour tourner un documentaire, elle se retrouve avec les rushes d’un parfait film d’action digne des grosses productions hollywoodiennes.

La force du roman d’Elmore Leonard tient dans l’originalité de son intrigue, où la fiction permettrait de mieux faire passer les idées. Les personnages sont surprenants, pourtant je ne m’y suis pas attachée, j’en ai confondu certains. Arrivée au milieu du roman, l’intrigue m’a lassée, ça redémarre vers la fin, mais globalement je n’ai pas été séduite, quelques très bons passages ne font pas un très bon roman. Sur un sujet qui me tenait à cœur, en dépit des critiques élogieuses, Djibouti a terni le souvenir que j’avais de l’écriture d’Elmore Leonard.

ABC REDIMENSIONNE