incorrigibles optimistesCe pavé de près de 700 pages trônait dans ma bibliothèque depuis sa sortie en poche, des lustres donc… Malgré son succès critique et les bons échos autour de moi, ce Club des incorrigibles optimistes ne me disait rien qui vaille, les grands débats politiques, la guerre d’Algérie, ce n’est pas forcément mes sujets de prédilection… J’ai alors cédé sous la pression collective et commencé ma lecture à reculons pour finalement prendre plaisir à suivre le parcours de Michel au sein de cet étrange Club.

Pour Michel Marini, petit fils d’immigré italien par son père et issu d’une famille bourgeoise traditionnelle par sa mère, tout commence lors de l’anniversaire de ses douze ans en octobre 1959. Ce jour-là, il reçoit un appareil photo, de là naît sa passion pour la photographie. Michel a pourtant bien d’autres passions, c’est un lecteur compulsif, mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est traîner dans les bistrots avec son compère Nicolas autour du baby-foot. Dans son café préféré il rencontre des étudiants, des amis de son frère aîné, dont Pierre, qui lui fait découvrir la politique, le rock’n’roll et les filles. C’est l’âge de toutes les découvertes pour le jeune Michel. Cependant, il est intrigué par l’arrière salle du Balto, que viennent y faire tous ces hommes ? On y croise des anonymes mais aussi Sartre et Kessel. N’y tenant plus, Michel ose un beau jour pénétrer dans le saint des saints. Il voit ces messieurs en train de jouer aux échecs. Personne ne le chasse, bien au contraire. Michel finit par délaisser le baby-foot au profit des échecs, en compagnie de ces drôles de bonshommes venus pour la plupart de l’Est de l’Europe. Au fur et à mesure, Michel recueille leurs confidences au cours des parties, reconstitue le puzzle de leur vie, eux qui ont fui leur pays, laissant tout derrière eux. Tandis que la famille de Michel vole en éclats lorsque la guerre en Algérie vient en bouleverser le quotidien.

Pour un premier roman, on peut dire sans hésiter que c’est un coup de maître, à la fois fresque familiale, roman d’apprentissage, où la petite histoire se mêle à la grande. Le lecteur s’attache vite au personnage de Michel, on est à la fois fasciné et intrigué par les membres du Club, l’auteur arrive à stimuler notre intérêt pour chaque histoire des personnages. C’est un très bon roman sur l’adolescence, l’amitié, la trahison sous toutes ses formes, qui se lit facilement, j’ai peu de temps à consacrer à la lecture en ce moment, sinon je l’aurais dévoré en un rien de temps !

ABC REDIMENSIONNE