chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa12Je n'ai pas franchement d'activité en ce moment d'activité sur mon blog faute de temps pour lire et donc pour écrire...Par contre je n'aime pas rater le rendez-vous des poésies du jeudi !!

En date d'aujourd'hui, j'ai trouvé dans le recueil Une année de poésie, 365 jours de bonheur, d'Albine Novarino-Pothier ce poème de Louis Baron, poète gascon du XVIIème siècle.

Une véritable ode à ce pays de cocagne qu'est le Gers...

 

 

 

 

Fraises, figues, poulains et perdrix

Tant que le Gers nous avoisine,

Il fera sécher de jalousie

Le Sousson, la Lauze et l’Arrats.

 

Les grosses fraises, les petites fraises rouges

Prennent en foule leurs couleurs vermeilles,

Tant dans la plaine que sur le roc ;

Et le jus de leur ambroisie,

Plus doux que le miel, rassasie

Les notables de notre endroit.

 

Figues blanches, grises et noires,

Coings, noisettes, pommes, poires,

Griottes, cerises, bigarreaux…

Le moindre jardin en produit,

Et chaque vigne qui est travaillée

En orne ses carreaux.

 

Poulains il y a, comme Budéphales.

Pour les ânes, mulets et juments

Nous ne trouvons pas assez de gardiens.

Des veaux nous en avons sans compter ;

Et le moindre paysan a une abondance

De bœufs, brebis et moutons.

 

De perdrix, tout l’air s’obscurcit,

Maintenant en hauteur, tantôt dans le vallon ;

De tourterelles mille paires ;

Des lièvres, levrauts à chaque motte ;

Et sans clapier ni casemate

Les lapins nous tirent les yeux.

 

La source de notre fontaine heureuse

Le plus altéré satisfait,

Avec son cristal qui semble vif,

Et le Gers, quand il la voit si fraîche,

Dissimulé dans les roseaux,

N’ose se montrer l’été.