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L’histoire de la publication de La Maison de terre m’a beaucoup plus intéressée que le roman en lui-même. Ecrit en 1947 par le chanteur folk Woddy Guthrie, ce roman n’avait jamais été publié. Bien qu’achevé, Guthrie l’envisageait plutôt comme un scénario, il le fit passer à une de ses connaissances à Hollywood, le projet n’aboutit pas. La Maison de terre est laissée aux oubliettes et Guthrie se consacre à la musique. Car c’est à celle-ci que Guthrie doit sa renommée. À travers elle, Guthrie exprime sa révolte et son désir de justice sociale. Ces dernières années, l’Université s’est penchée sur les archives de Woody Guthrie, c’est ainsi que le manuscrit de La Maison de terre a refait surface. Auteur prolixe, on dénombre environ 1400 chansons, et je n’en connaissais qu’une seule : « This land is your land » qu’ont chanté Bruce Springsteen et Pete Seeger, ancien complice de Guthrie décédé le mois dernier, lors de l’investiture de Barack Obama en 2009. D’ailleurs cette chanson colle particulièrement bien à l’univers du roman.

Dans les années 30, au nord du Texas, le long de la mythique route 66, Tike Hamlin et son épouse Ella May sont fermiers. C’est un paysage désolé qui entoure les protagonistes, le pays est dévasté par les tempêtes de poussières successives. Le couple qui attend son premier enfant veut construire une maison de terre, qui résisterait à tout. Dans ce huis-clos, au sein même de cette maison de bois tombant en ruine, et dont ils veulent s’échapper, nous partageons l’intimité de Tilke et Ella May, leurs chamailleries, leurs ébats et leur rêve d’une vie meilleure qui se heurte à la dure réalité économique.

C’est un roman atypique que celui-ci, je l’ai trouvé très fort. J’ai adoré le style très musical, les dialogues endiablés, il y a un travail énorme de la part du traducteur pour restituer l’argot, la truculence du langage des personnages. Dommage qu’il ne se passe pas grand chose…La scène de sexe inaugurale est aussi extrêmement longue que crue si bien que j’ai failli refermer le livre une bonne fois pour toutes, du coup cet agacement ne s’est pas vraiment dissipé pendant le reste de ma lecture.

Je remercie les éditions Flammarion et Babelio pour m’avoir permis de découvrir un auteur qui nous propose une vision différente de l’Amérique, qui avec la crise des subprimes trouve un écho de nos jours.