ladyhuntNouveau roman choisi parmi cette rentrée littéraire, Lady Hunt d’Hélène Frappat  a bien des points communs avec Laura Kasischke et Sylvie Germain. L’ambiance mystérieuse, évanescente de l’une et la quête des origines de l’autre.

Laura Kern, piètre négociatrice immobilière, qui fricote au passage avec son patron, assiste impuissante à la disparition d’un enfant lors de la visite d’un appartement. Il faut  préciser que Laura est particulièrement sensible à ce genre de phénomène, elle rêve très souvent de la même maison au bord de la mer, ce rêve finit par tourner à l’obsession. Elle craint surtout que ces manifestations étranges soient les premiers signes de la maladie de Huntington. Cette maladie héréditaire est une épée de Damoclès pour Laura et sa jeune sœur Elaine, enceinte de son premier enfant. Pour elles, l’heure est à la réflexion, faut-il ou non faire le test ? Dans cette famille déchirée par la maladie, Laura cherche ses racines entre la Bretagne et le Pays de Galles, d’où son père était originaire. Le roman mêle français et anglais, la langue du mystère ; le recueil de poèmes de Tennyson offert par son père, lui sert de fétiche auquel se raccrocher, véritable fil rouge du récit, je redoutais pourtant les flashbacks, les récits des rêves, mais cela s’enchaîne plutôt bien.

Hélène Frappat livre avec Lady Hunt, un très beau roman, envoûtant, sur la transmission, au sens le plus large, ce que les parents laissent à leurs enfants, les biens, la langue, la maladie avec lequel on ne s’ennuie pas une seconde.