poissons

J’avais beaucoup aimé Trois Chevaux, je décidais donc de me plonger dans le dernier Erri de Luca au titre énigmatique Les poissons ne ferment pas les yeux.

Ici l’auteur évoque ses souvenirs de vacances, dans la baie de Naples, un petit village de pêcheurs, qu’il retrouvait chaque été. Erri de Luca focalise son roman sur l’été de ses dix ans. Cet été, le jeune garçon est seul avec sa mère, sa sœur cadette est partie chez une amie, son père est parti tenter sa chance aux Etats-Unis, c’est un moment privilégié entre le petit garçon et sa maman. Le jeune garçon est plutôt solitaire, l’amour des mots est déjà présent, son passe-temps favori est de noircir des grilles de mots-croisés. Mais aussi les romans, la découverte de Don Quichotte, qui lui fera entrevoir la différence entre le monde de l’enfance et celui des adultes, les romanciers américains, romanciers de l’évasion, des grands espaces. Cet été est surtout marqué par la découverte de l’amour. Le jeune garçon solitaire va tomber amoureux d’une jeune demoiselle, avec laquelle il partage l’amour de la lecture et s’attirer les foudres de jeunes rivaux.

Ce court récit est empreint de langueur, celle que la chaleur amène, celle des vacances, certains souvenirs sont flous, le narrateur ne parvient pas à se souvenir du prénom de la jeune fille. Le temps se superpose, celui de l’écriture qui revient sur l’enfance, qui bondit en avant, et parfois qui envisage l’avenir. Ce qui me plaît beaucoup chez Erri de Luca, et qui m’épate carrément, c’est que de ces courts romans, avec ces phrases courtes, son vocabulaire simple, il se dégage tant de choses, l’ambiance du roman se prolonge, comme avec Trois Chevaux, l’histoire résonne encore en nous une fois le livre refermé et nous donne le désir de se plonger de nouveau dans un autre roman de cet auteur.